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Les révolutions arabes auraient-elles eu tout cet impact sans les réseaux sociaux ? Malgré les censures provoquées par les systèmes politiques conspués et toutes les résistances au changement, les médias sociaux, par un coup de force structurant, ont permis d'imposer la démocratie dans les pays du Sud
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Format : Talkshow
Traitement : Débat d'idées
Secteur d'activité : Technologies et services de l'information
 
Intervenants :

Les révolutions arabes auraient-elles eu tout cet impact sans les réseaux sociaux ?

Malgré les censures provoquées par les systèmes politiques conspués et toutes les résistances au changement, les médias sociaux, par un coup de force structurant, ont permis d'imposer la démocratie dans les pays du Sud

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    Infos diverses
    Lieu : Dans les studios de Webcastory
    Commentaire de Frédéric BASCUNANA : Merci Mokhtar pour ce sujet qui va maintenant nous permettre de réfléchir à la propagation de la logique "ouverte" des médias sociaux, en partant de son usage démocratique vers ses champs d'application dans les entreprises locales : une seconde révolution en marche, sur le plan économique cette fois ?Les pays du Sud y sont-ils prédisposés par la fraîcheur et l'intensité de cette découverte récente ?Tous témoignages y seraient les bienvenus ! Commentaire de Mokhtar LAMARA : Cette seconde révolution, nous l'attendons, mieux, nous la souhaitons! pourvu qu'il y ait débat. Gérer, communiquer restent les maillons faibles de nos entreprises du Sud, pas pour longtemps? Bien à vous. Commentaire de Frédéric POULET : Bravo pour ce sujet Mokhtar ! Je souhaite aussi qu'au delà de la capacité de décloisonnement et d'expression, ce soit également des lieux d'échanges culturels et de tolérance : c'est sans doute un poncif ou utopique, mais j'espère vraiment que ce sera un motif de combat contre le racisme, l'intégrisme, et tous les extrêmes qui peuvent apparaître par peur de la différence que ce soit dans le monde ou en entreprise. Commentaire de Mokhtar LAMARA : Merci Frédéric, c'est encourageant ! Le débat est nécessaire, le combat contre l'intégrisme, le racisme et tous les extrêmes reste encore et toujours le viatique des grands esprits. Bien à vous. Commentaire de Mokhtar LAMARA : Merci Christophe, votre paricipation n'est pas seulement souhaitable, elle est capitale, bonne journée! Commentaire de Mokhtar Lamara : Il y a quelques temps, bien avant les révolutions arabes, dans mon ancien blog, M.Olivier ZARA président et fondateur d'Axiopole (www.axiopole.com), société spécialisée dans les solutions web 2.0 pour les entreprises et le grand public, m'accorda l'interview ci-dessous. M. ZARA est aussi l'auteur d'un excellent ouvrage: " Le Management de l'intelligence collective".Voici, en intégralité, le contenu de cette interview : Salutations Monsieur Olivier ZARA.QUESTION 1Monsieur Olivier ZARA, nous autres, pays du Sud, avons un immense retard à combler dans les domaines du Management des institutions et entreprises quelles soient publiques ou privées, quelles sont, à votre avis les meilleures voies pour instaurer et implémenter de manière durable, les concepts et les grandes idées d’une bonne gouvernance ?Une bonne gouvernance est une gouvernance qui permet de s’adapter à son environnement politique, technologique, économique et social afin de créer une performance individuelle et collective. Avec la mondialisation, cette gouvernance locale (pays ou entreprises) doit maintenant savoir aussi s’adapter à l’environnement mondial. Cela crée des niveaux de complexité de plus en plus importants.Avec la société de l’information, il y a aussi de nouveaux enjeux. Il faut adapter cette gouvernance conçue pour être performante dans une économie industrielle et commerciale pour qu’elle soit aussi capable d’être performante dans une économie du savoir.Finalement, je ne suis pas sûr que les pays du Sud soient si en retard que ça. Ils le sont probablement par rapport à la révolution industrielle et commerciale du 19ème siècle. Mais, aujourd’hui, la plupart des pays et des entreprises du monde se retrouvent confrontés aux mêmes enjeux : mondialisation et économie du savoir. C’est un peu comme si on remettait les compteurs à zéro ! Mais bien sûr, de nombreux pays ont compris ces enjeux. Ils mettent des politiques en place, tout comme les entreprises. L’écart va de nouveau se creuser entre ceux qui avancent et ceux qui regardent les autres avancer.Il y a donc 2 types de compétitions :- Une compétition sur les activités peu intellectuelles (manufacture) dans laquelle tous les pays du monde sont en compétition avec un seul pays : la Chine. Être compétitif vis-à-vis de la Chine est peut-être une bataille déjà perdue.- Une compétition sur les activités très intellectuelles (innovation, création) dans laquelle chaque pays a une chance puisque l’économie du savoir, la société de l’information est en pleine émergence à l’échelle de l’histoire de l’humanité.Les choses sont en réalité un peu plus complexes, mais cela permet de mieux comprendre les enjeux actuels.Face à ces enjeux et à cette nouvelle compétition qui remet les pays et les entreprises à égalité, on remarque que la capacité à s’adapter à la mondialisation et à l’économie du savoir dépend principalement de la culture du pays ou de l’entreprise. Est-ce que le mode de management induit par votre culture crée de la performance ? Cela nous amène à l’idée d’une « performance culturelle » ! On a donc le choix entre garder sa culture en l’état et sortir de la compétition (regarder les autres avancer) ou garder une partie de sa culture et faire évoluer une autre partie de sa culture pour rester dans la compétition.Il serait trop long dans le cadre d’un article de décrire les principes et méthodes qui permettent de faire évoluer une partie de la culture d’un pays ou d’une organisation. Je le décris en partie dans mon livre « Le management de l’intelligence collective » M21 Editions, 2ème édition, Mai 2008. Cependant, on peut dire que les démarches les plus efficaces sont celles qui démarrent au niveau d’une petite équipe plutôt qu’au niveau de l’organisation. Lorsque le changement est mis en œuvre du haut de la hiérarchie vers le bas, cela prend beaucoup de temps. Cela crée beaucoup de résistance au changement, et déresponsabilise ceux qui doivent mettre en œuvre le changement.Dans le cadre d’un plan global d’évolutions des pratiques managériales, l’objectif est de faire de chaque manager un agent de changement qui va agir à son propre niveau avec son équipe. Mais, chaque manager doit agir dans la même direction définie au niveau de l’organisation.QUESTION 2:Monsieur Olivier ZARA, l’urgence n’est-elle pas dans la maîtrise des nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), les nouveaux médias, l’innovation et la création et par exemple leur adoption aux contextes : culturel, social et économique de nos différents pays du Sud, ceux du Maghreb plus exactement ?Du fait de la mondialisation et de l’émergence d’une économie du savoir, il est clair que les technologies de l’information sont indispensables.L’adoption de ces technologies est d’autant plus rapide qu’on comprend les enjeux dont j’ai parlé dans votre première question. Tant qu’on n’a pas compris les enjeux, on ne comprend pas le sens et l’utilité de ces technologies.Vous voyez s’affronter les technophobes qui disent : « On a toujours travaillé sans ça avant et ça fonctionnait bien » et les technophiles qui y voient une source de progrès sans forcément comprendre quel progrès !Bref, on reste dans un débat technique alors que les enjeux sont avant tout culturels : faire évoluer une partie de sa culture.Cette évolution culturelle n’est pas seulement liée aux valeurs et comportements qui sont indispensables pour fonctionner dans une économie du savoir. Elle est aussi liée à la compatibilité de votre culture face aux nouveaux comportements créés par les technologies. C’est par exemple le choc entre l’oral et l’écrit, le face à face et la relation à distance.QUESTION 3Que peut apporter l’intelligence collective, nonobstant les différences culturelles, sociales et économiques des différents pays, à l’émergence économique des pays qu’on désigne par la formule « en voie de développement », en d’autres termes, le système économique mondial permettra t-il réellement à ces pays d’émerger, lui, qui ne les considère que comme des pays consommateurs et donc « inaptes » à disposer d’outils capables de les conduire à un avenir meilleur ? La citation de M. Kofi Annan « la seule voie qui offre quelque espoir d’un avenir meilleur pour toute l’humanité est celle de la coopération et du partenariat »Serait, dans cas précis, dénuée de sens si l’on fait référence au processus de Barcelone par exemple ou encore l’Union Pour la Méditerranée, encore que cette dernière n’a pas révélée toutes ses facettes qui peuvent la conduire ou non aux objectifs qui lui sont assignés ?L’intelligence collective peut se définir comme la capacité à unir nos intelligences et nos connaissances pour atteindre un objectif, ainsi que la capacité d'un collectif à se poser des questions et à chercher les réponses ensemble. Le management de l’intelligence collective donne à une équipe la capacité de co-construire, de partager et d’innover en valorisant ses ressources intellectuelles. C’est un mode de management qui s’adapte aux travailleurs du savoir en général, mais qui est utile pour tous dès lors qu’on doit réaliser des activités très intellectuelles. Il est particulièrement utile dans le cadre de la gestion de projet (où la part de découverte et de création est importante), d’opérations de changement (refonte des processus, …) ou de la mise en œuvre d’une nouvelle stratégie, ou encore pour le lancement d’un nouveau service ou produit.Le management de l’intelligence collective (MIC) favorise un nouvel art de travailler ensemble fondé sur le partage, l’entraide intellectuelle et la co-création. Le MIC est, de ce fait, le seul mode de management qui permet d’obtenir une performance collective supérieure à la somme des performances individuelles pour les activités très intellectuelles. Ce sont ces activités qui dominent dans une économie du savoir.Ce mode de management est une des clés de la performance du futur.QUESTION 4La crise économique qui sévit actuellement, n’est-elle pas le résultat d’un capitalisme débridé basé sur un « management individuel », à titre d’exemple : le cas des entreprises bancaires et du marché de l’immobilier américains par où tout a commencé, et qui par conséquent, obligerait les pays ouverts à la mondialisation et à l’économie de marché à réviser leurs politiques économiques et par voie de conséquence donc, les accords de Bretton Woods ne feront-ils pas probablement l’objet d’une refonte et est-il temps peut-être après la réunion du G20, d’instaurer un nouvel ordre économique mondial ?A mon avis, nous vivons avant tout une crise énergétique. C’est le pétrole qui est responsable de la crise économique. Notre croissance économique est fondée sur l’utilisation d’énergies à faible coût (pétrole, gaz, charbon,…). A partir du moment où le prix des énergies devient prohibitif, la croissance ralentit, puis on passe en récession, puis en dépression.A chaque fois que la croissance repartira parce que le prix du pétrole aura baissé. Le prix du pétrole remontera et la récession reviendra. On sortira de ce cercle vicieux quand on aura abandonné le pétrole au profit d’autres énergies à faible coût dont on peut espérer qu’elles nous évitent aussi la prochaine crise mondiale : celle du changement climatique.La crise financière a été accélérée et amplifiée par cette crise énergétique. C’est une des bulles spéculatives dont nous avons finalement l’habitude. Il est vrai que cette fois, en plus de la crise énergétique, le système financier a été au-delà de tout ce qu’on pouvait imaginer du fait de l’absence de régulation. On réglera sans trop de problèmes la crise financière avec plus de réglementation et en coupant des têtes. Mais, cela ne réglera en rien la crise énergétique qui est la source première de nos problèmes.Au passage, cette crise énergétique alimente aussi une crise alimentaire du fait des biocarburants. Il est donc vraiment temps que les dirigeants politiques du monde ait le courage de dire à l’humanité qu’il faut dès maintenant apprendre à vivre sans pétrole et qu’ils mettent en place les politiques nécessaires pour y arriver.QUESTION 5Un dernier mot M.ZARA…Nous vivons une époque de plus en plus complexe. Les schémas du passé sont devenus inopérants. Le résultat de nos décisions devient de plus en plus imprévisible. Face à cette complexité, le management de l’intelligence collective est une réponse adaptée, même si ce n’est qu’une des réponses.Pour terminer, je vous propose donc de découvrir les 4 niveaux de la complexité et les modes de management qu’on doit adopter en fonction de ces niveaux.Voici les 4 niveaux de complexité :- Le simple : suivre les instructions pour réaliser une tâche.- Le compliqué : faire appel à des experts ou faire de la gestion de projet pour trouver une solution rationnelle.- Le complexe : les experts ne peuvent pas prévoir l’évolution d’un système. La planification et les méthodes de résolution de problèmes ne fonctionnent pas.- Le chaotique : Le système est instable et imprévisible. Les gens ne s’entendent pas sur ce qu’il faut faire et comment le faire.Du simple au compliqué, le management classique suffit :- Le commandement : le chef décide, les collaborateurs exécutent.- La persuasion : le chef explique pourquoi il a raison et surtout pourquoi ceux qui pensent que sa décision est mauvaise se trompent.Mais du complexe au chaotique, il faut manager l’intelligence collective :- La consultation : le chef consulte pour avoir des avis et des idées nouvelles.- La collaboration : le chef et son équipe co-construisent ensemble là où les décisions possibles pour résoudre le problème. Cela n’empêche pas ensuite le chef de décider seul. Commentaire de Mokhtar LAMARA : Justement, pour que ce sujet ne reste pas au stade d'un"poncif utopique", ou simples voeux pieux, les entreprises intéressées sont invitées à le sponsoriser et bénéficier, en contre-partie, du statut de pionnières. Que cela soit au Maroc, en Algérie, Tunisie, en Libye et même en Afrique de l'ouest, c'est beaucoup de business ( feed-back garanti), tout est à construire. Grâce à Internet beaucoup de partenariat d'affaires ont été concrétisés et marchent à merveille dans beaucoup de domaines. Le tout pour l'Europe est d'élargir dès à présent ses champs d'intervention et d'influence économique et politique ( dont les exemples ne manquent pas ces derniers temps), mais elle doit le faire sans cet esprit de "protectorat", de "chasse gardée" ou autre expression scélérate comme" aide au transfert technologique", c'est du passé tout ça! Commentaire de Mokhtar LAMARA : Bonjour,voici l'avis d'un prof de Paris Dauphine, voir notamment la 4ème et 5ème question:http://www.elwatan.com/economie/l-ue-doit-aider-le-developpement-des-pays-du-sud-de-la-mediterranee-24-10-2011-144625_111.php Commentaire de Mokhtar LAMARA : Bonjour, un journal du Sud qui parle de mutations technologiques des médias:http://www.elwatan.com/hebdo/multimedia/la-presse-traditionnelle-face-aux-nouveaux-medias-27-10-2011-145051_157.phpBonne journée! Commentaire de Amine : http://blogs.mediapart.fr/blog/dominique-g-boullier/220211/la-rue-arabe-inventera-t-elle-la-democratie-20